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Le principe de causalité gouverne le monde scientifique, rationnel. Il est devenu le support incontournable de la crédibilité des évènements. Pour accéder au statut de "scientifique", un fait doit être reproductible, et donc doit obéir à une causalité. Tout fait qui ne découle pas d'un enchaînement causal manifeste est a priori inexplicable, injustifiable aux yeux de la science rationnelle ; il est donc rapidement considéré comme évènement aléatoire, attribuable à une prétendue "part d'erreur", ou hasard (au mieux, créateur). Cependant, l’inexplicabilité de l'évènement (en termes de causalité) n’en signe pas l’impossibilité, puisque celui-ci s’est bel et bien produit. Parfois, l'évènement se trouve chargé d'un sens particulier, qui vient comme justifier (rétrospectivement) sa survenue. Il y a un "avant" et un "après", une sorte de catharsis, une "catastrophe", au sens du mathématicien René Thom (rupture, cassure, dans l'évolution continue d'un système). En hypnose, l'espace de la transe est un espace de création, d'invention, où se mêlent la créativité et l'intuition du thérapeute et du patient. Cet espace voit surgir, émerger des phénomènes nouveaux, du changement, que rien ne présageait et que nul n'était en mesure de prévoir ou de prédire. L'hypnose joue un rôle de catalyseur, qui permet que surviennent des "catastrophes", des "révélations", des "déclics", qui autrement ne surviennent pas. En relisant des écrits sur le thème de la synchronicité (dans sa conception jungienne), il nous est apparu des analogies intéressantes entre les critères de l'évènement synchronistique et la théorie des catastrophes d'une part, et les phénomènes hypnotiques d'autre part. Ce sont ces analogies que nous proposons de développer ici, sous la forme d'un exposé théorique reprenant les concepts de la théorie des catastrophes et des notions jungiennes de synchronicité ; nous illustrerons cet exposé par des situations cliniques vécues, dans lesquelles le changement observé chez (ou par) le patient revêt un aspect radical, parfois comme une révélation, que la notion de synchronicité (et le principe de finalité qu'elle sous-tend) permet d'expliquer plus facilement que ne le fait le principe de causalité.

Après 12 ans d'activité opérationnelle au sein des équipes de sapeurs pompiers en tant qu'officier/ sage-femme /infirmière, il me semblait pertinent et évident de fournir aux personnels engagés quelques outils, aussi minimalistes soient -ils afin d'optimiser la prise en charge et le confort des victimes. En effet, des techniques hypnotiques de base utilisées à bon escient permettent de mettre à profit les temps d'immobilisation incontournables ( dés-incarcération, transfert, soin douloureux) afin de stabiliser l'état mental du patient pendant que l'équipe médicale le conditionne. J'insiste notamment sur le rôle de « l'écureuil », sapeur-pompier qui, lors d'un accident routier, maintient la tête de la victime (et ne fait QUE ça!) pendant que le reste de l'équipe s'affaire autour « et se met dans les conditions idéales pour assurer son confort et sa sécurité... » Ne parlons pas des enfants terrorisés, de la gestion des attaques de panique et des patients hyperalgiques dont l'état de conscience (Glasgow acceptable, pas de notion de trauma crânien...) permet une approche hypnotique en complément de la médicalisation. A l'instant où j'écris ces lignes, je viens de remplacer des morphiniques par une balade touristique pour un patient avec fracture de cheville (EVA à 10 au départ, EVA à 1 à l'arrivée!) sous les yeux d'un pompier médusé qui me trouvait bien en verbe... (et qui a rangé l'ampoule intacte) Actuellement, j'ai l'opportunité et la chance immense de pouvoir exposer ces techniques hypnotiques à mes collègues ( service de santé , pompiers) et d'avoir la possibilité d'en évaluer la validité sur le terrain. En relation avec des équipes belges qui évaluent le même type de protocoles, je me proposais donc de faire une synthèse et une présentation de ces techniques et de leurs résultats. Des techniques verbales (langage hypnotique) aux techniques simples d'approche tactile, je n'ai de cesse d'améliorer les conditions de prise en charge afin de diminuer le stress ,de la victime, de l'équipe et, qui sait, peut-être donner à certains le goût d'aller plus avant dans leur formation.

INTRODUCTION DE L’HYPNOSE DANS LE PÔLE URGENCES DU CH ALBI Dr Jean BERGRASER*, Dr Bernard JEANGEORGES**, Jean-Marc ASSIE*** L’introduction de l’hypnose s’est faite en 2009 au CH Albi, par un petit groupe de soignants (infirmier, médecin), dans le service d’accueil des urgences et au SMUR. Les intervenants ont bénéficié d’une formation initiale : DU d’hypnose médicale comportant essentiellement une formation théorique et une découverte pratique sur une année. Par la suite, cette formation a été complétée par des séminaires pratiques (3x 4 jours + 2 jours) visant à conforter ces praticiens dans cet exercice. Le pôle urgences du CH Albi comprend, le Service d’Accueil des Urgences (SAU), 30 000 patients par an, le Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR) 10 interventions par jour, le Centre de régulation et de réception des appels (CRRA) 300 000 appels par an. Nous présentons une vingtaine de patients chez lesquels l’hypnose a été utilisée en SMUR et au SAU : les indications, les modalités d’utilisation et les résultats. La discussion porte sur les indications, les conditions d’utilisation de l’hypnose, les contraintes d’activités inhérentes à l’urgence et la formation des intervenants. Conclusion : Cette expérience débutante s’avère bénéfique pour les patients en termes d’amélioration de la qualité de la prise en charge, valorisante pour les intervenants et accueillie favorablement par l’ensemble du personnel. * Anesthésiste-Réanimateur, CHU PURPAN Toulouse, CH Albi Pole Urgences ** Médecin Urgentiste, CH Albi Pôle Urgences *** IADE, CH Albi Pôle Urgences

Riches de l’enseignement pratique et de l’expérience personnelle lors d’un séminaire californien avec Ernest Rossi, ces exercices nous ouvriront les mains, la pensée intuitive et le centre de nos émotions pour mettre en mouvement corps et esprit vers une écoute attentive de cette voix intérieure de l’inconscient qui nous souffle les solutions. En utilisant les phénomènes de résonance et de répétition synchronistiques, les thèmes et motifs de vie de nos patients, découvrons à travers leurs choix antérieurs, leurs apprentissages, leurs rencontres avec les lieux, les dates, les évènements, les arts et les êtres vivants, les réponses cachées derrière le voile des résistances. Nous serons à l’affut des tricksters, du Kayros, des déclics catalyseurs de guérison et du changement attendu. Le temps, cette quatrième dimension qui nous accueille, sur laquelle nous n'avons aucune influence directe et rationnelle, devient alors un outil exceptionnel. Projection dans le futur, régression en âge mais aussi et surtout découverte de l'utilisation thérapeutique de la distorsion temporelle induite par le processus hypnotique deviennent une source de ressource entre les mains actives du patient. Dans cette expérience, le mirroring, le pacing et l'alliance thérapeutique occupent une place fondamentale. L'objectif sera de vivre le moment "numineux" de la solution co-crée par le conscient et l'inconscient du patient, profitant alors pleinement de la surprise pour ancrer le phénomène. Au sein de cette table ronde qui réunit tous les praticiens présents au workshop d'Ernest Rossi à Los Osos, (Ca, USA) en juillet 2009, nous vous présenterons le regard et la pratique quotidienne que chacun d'entre nous, avec ses spécificités, a mis en place depuis cet enseignement créatif et partagé avec l'un des plus éminents spécialistes de l'hypnose éricksonienne.


L'expérience professionnelle de médecin urgentiste au Samu m'a confronté pendant plus de quinze ans aux traumatismes physiques et psychiques le plus variés. Au delà des thérapeutiques de réanimation, il me manquait un outil pour améliorer la prise en charge en urgence des patients bien sûr mais aussi de leur entourage. Un outil également pour assurer un meilleur confort professionnel aux équipes avec lesquelles je travaille. L'apport de l'hypnose ericksonienne a été capital dans cette pratique. L’impact et la gestion des événements traumatisants sont hautement personnels et s’organisent au travers de filtres conscients et inconscients (au sens de l’inconscient de Milton Erickson). Chaque étape de ce parcours individuel peut, dans l’idéal, permettre au sujet d’optimiser ses ressources internes (capacités d’adaptation, expériences antérieures…) ou externes (entourage, équipe de secours) pour gérer de façon satisfaisante un événement traumatisant en particulier en urgence. Cet atelier vous présentera différentes techniques d'induction et de processus hypnotiques utilisables sur le terrain d'intervention et quelque soit le contexte : accidents, polytraumatismes, douleurs intenses, incarcérations, pathologie aiguë, agitation, bruits, milieux hostiles, etc... Chaque sortie Smur peut devenir un contexte créatif au cours duquel une fois le patient stabilisé sur le plan somatique, l'hypnose peut améliorer et transformer les conditions de dés-incarcération, soins, transports, appréhension de l'hospitalisation inattendue, prévention du stress... Le retentissement sur l'état physique et psychique du patient est appréciable instantanément, quantifiable au niveau de la fréquence cardiaque, de la tension artérielle, de l'EVA, de l'agitation et du mal-être. Nous poursuivrons ensemble 2 objectifs principaux dans le cadre de la communication thérapeutique d'urgence à destination des patients mais aussi des professionnels exposés (médecins, soignants, secouristes...) : - proposer des interventions préventives permettant d’éviter le développement de pathologies liées au stress et au stress dépassé. - proposer des interventions curatives lorsque la prévention n’a pas pu, pour de multiples raisons, être mise en place. Lors de cet atelier interactif, grâce aux exercices pratiques, nous évoquerons différentes techniques d’interventions destinées aux patients et aux professionnels exposés. Au delà du contexte de l'urgence, elles peuvent être utilisées dans la vie quotidienne comme en thérapie afin de créer d'emblée une alliance thérapeutique forte.


La Somatic Experiencing (SE)® (SE) est une approche thérapeutique récente développée par Peter Levine éthologue. Basée sur l’observation des comportements naturels des animaux sauvages face au traumatisme, il interroge la capacité de ces animaux à ne pas développer de stress post traumatique, comme s’ils étaient immunisés. La nature a installé chez tous les animaux, y compris les humains, un système nerveux capable de rétablir l'équilibre. Quand cette fonction autorégulatrice est bloquée ou perturbée, des symptômes traumatiques se développent pour maintenir la stimulation non déchargée ou l'activation. Ainsi le trauma serait une énergie bloquée dans le système nerveux de l’individu entrainant divers troubles et le défi est de remobiliser cette énergie pour permettre au système nerveux de compléter une action inachevée et cela de façon douce. Ces dizaine d’années d’observations et mises en pratique ont été confirmée par la neurobiologie et la neurophysiologie notamment la théorie du système polyvagal développée par Porges. Le thérapeute encourage le patient à utiliser ses ressources en restant dans sa fourchette de tolérance pour mobiliser l’énergie autrement. L’abord du trauma qui ne résulte pas dans l’évènement mais dans le système nerveux se fait de façon « titré » (progressive) en utilisant entre autre la « pendulation » bien connue des hypnothérapeutes et en observant les réactions physiologiques en réponse à l'activation sympathique. Le langage utilisé est dirigé vers le cerveau reptilien, utilisant le « Felt Sense », donnant accès aux sensations physiques, aux images et aux modèles moteurs, avec un accent moindre mis sur les processus cognitifs et émotionnels. Cette approche écologique et économique pour le patient nous rappelle que nous sommes des animaux dotés d’un néocortex (pas toujours efficient) et que dans la résolution du trauma, un nouvel équilibre peut se mettre en mouvement pour sortir du figement pour fuir ou combattre. Il permet donc de restaurer la capacité innée de s’autoréguler. Dans cette atelier nous proposons une découverte à la fois théorique des grands principes de la SE mais surtout le visionnage d’une brève vidéo et la pratique d’exercices basés sur le Felt sense en étant dans l’instant présent et dans le flux de la vie. Ce préalable permet de stabiliser le patient dans la sécurité, en laissant le temps à son organisme de s’ancrer et de se ressourcer avant de travailler avec n'importe quel matériel inconfortable.
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